Une vie dans des pages

jeudi 6 avril 2017

Sauvons une librairie !

Sauvons une librairie !!!

Une librairie qui risque de fermer ses portes est une chose qui m'attriste toujours. Pour nous, les amoureux des livres, une librairie c'est EXISTENTIEL. C'est un lieu convivial, un lieu de rencontre, un lieu de culture, un lieu dont on a BESOIN ! 

Aujourd'hui c'est La librairie de Cogolin qui a besoin de nous, de notre mobilisation, de notre soutien ! 

Beaucoup d'auteurs se sont déjà mobilisés: René Manzor et Fabio Mitchelli, mais aussi RJ Ellory, Franck Thilliez, Sire Cédric, Bernard Minier, Sonja Delzongle, Eric Giacometti, Michel Bussi, Laurent Scalese, Jacques Olivier Bosco, Barbara Abel, Ingrid Desjours, Jacques Saussey, Danielle Thiery, Niko Tackian, Sophie Loubière, Armelle Carbonel, Olivier Norek, Nicolas Lebel et tant d'autres... (j'en oublie dans ma liste !)

La cagnottes commence à monter et on a jusqu'au 30/04 pour arriver à réunir la somme de 35000€. C'est FAISABLE !!! 

Alors voilà ce que je vous propose (avec tous mes amis blogueurs): ne likez pas ça ne sert à rien, mais faites leur faire un petit don (en fonction de vos possibilités): symboliquement le prix d'un livre, d'un poche (ou tout autre montant évidemment ! Pas de minimum et pas de maximum non plus 😉). Il est bien évident que nous avons mis la main dans le porte monnaie avant de vous demander de l'aide et on a aussi besoin de vous !!!

Ensemble on peut les sauver ! Une librairie ne PEUT pas mourir, ne DOIT pas mourir !

Je compte sur vous amis lecteurs ! Merci pour eux !

Le lien de la cagnotte c'est ici: 

Et si vous n'aimez pas les paiements internet aucun souci ! Voici l'adresse pour envoyer un chèque:

La librairie de Cogolin
26 rue Gambetta
83310 Cogolin 


N'hésitez pas à regarder cette vidéo de René Manzor parce qu'il explique tout cela bien mieux que moi 😉



mercredi 5 avril 2017

"Récidive" Sonja Delzongle (Denoël)



Hanah Baxter le retour...

Sonja Delzongle c'est une jolie histoire: d'abord une révélation avec "Dust", puis une confirmation avec "Quand la neige danse". Aujourd'hui Sonja c'est un coup de foudre ! Parce que "Récidive" c'est une confirmation de la confirmation: une auteure qu'il ne faut surtout pas lâcher des yeux !

Hanah Baxter...

Si vous ne la connaissez pas encore c'est juste dommage mais pas grave du tout ! On peut très bien aborder ce livre indépendamment des autres (ce qui est malgré tout dommage mais bon, c'est largement jouable !). Si vous ne la connaissez pas donc, vous allez découvrir une héroïne à la fois forte et fragile que vous allez forcément aimer. Cette nana elle est profileuse, borderline, entière, mais surtout rattrapée par son passé ! Imaginez le bidule: son père a tué sa mère quand elle était petite et c'est elle qui l'a dénoncé et fait condamner ! Vingt-cinq ans plus tard il sort de prison avec une seule idée en tête: se venger de sa fille !

Notre héroïne devient donc le personnage central de cette intrigue à vous couper le souffle ! Non contente de mener une enquête sur son propre passé, elle se voit projetée dans une spirale infernale qui pourrait bien la conduire à sa perte...

Quand le passé remonte à la surface...

"Récidive" c'est le thriller hors norme par excellence ! Sa construction inversée en fait une vraie pépite ! Je m'explique: on ne part pas d'un meurtre pour amener un coupable en prison mais de la libération d'un meurtrier qui veut se venger... De là part une intrigue qui mêle passé et présent et la tension psychologique se met peu à peu en place au fur et à mesure que l'on sent Hanah de plus en plus en danger !

Sonja Delzongle joue une fois de plus avec les dates pour nous offrir un roman en deux temps: le présent d'Hanah et le passé (néanmoins proche) de son père avec sa sortie de prison et ses recidives meurtrières. Eh oui, il va recommencer à tuer, mais cette fois il semblerait que son but soit plus précis et qu'il aille bien au delà de la simple volonté de tuer...

De rebondissements en découvertes...

Après deux thrillers "classiques", Sonja Delzongle signe ici un thriller bien plus psychologique mais encore une fois d'une humanité rare !

Du point de vue psychologique on est sur un roman légèrement plus lent que les précédents, mais sans le côté dérangeant des longueurs cependant car le rythme est toujours bien entretenu ! Les rebondissements sont là, semés de ci de là pour jouer avec vos nerfs. L'ambiance est totalement anxiogène du début à la fin, instaurant un malaise qui va s'accentuer au fil des pages. Une fois commencé ce livre est impossible à lâcher ! Un rebondissement central va vous laisser pantois, quant à la fin elle vous déboule dessus façon TGV: aucune chance donc de ressortir indemne ! Pour ma part je l'ai prise en pleine tronche et j'ai eu du mal à me relever !

Je parlais également d'humanité et c'est vraiment le plus de ce livre ! Au delà du thriller Sonja Delzongle aborde un sujet qui reste encore (malheureusement) délicat: l'homosexualité et le regard des autres. Flic et homo serait-il encore incompatible de nos jours ? L'auteure est sacrément "couillue" sur cette action ! Elle ose pointer du doigt ce qui reste un "problème" de nos jours alors que jamais nous n'avons eu autant besoin de tolérance... À méditer quand on lit ces lignes !

Une fois de plus on se retrouve donc avec une bombe dans les mains ! Un plume que je savais magique opère une fois de plus dans un récit d'une densité poussée à son paroxysme. Une merveille à l'état pur !


Editeur: Denoël (6 avril 2017)
416 pages
20€90

4ème de couv'

Entre le père et la fille, l'heure de la vengeance a sonné...
Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. 
Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d'une profonde haine, il n'aura de cesse de la retrouver avant de mourir. 
À New York, au même moment, Hanah qui a appris la libération de l'assassin de sa mère est hantée par le serment qu'il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. 
Pourquoi a-t-il tué sa mère ? Quand surgira-t-il ? Quels sont ces appels anonymes ?

La confrontation est inévitable.
Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux ?

mercredi 29 mars 2017

"Le jour du chien" Patrick Bauwen (Albin Michel)


Attention !!! Ce roman est une véritable toile d'araignée dont il est impossible de se sortir ! Patrick Bauwen est si méticuleux qu'après seulement quelques pages vous serez considérés comme définitivement perdus (jusqu'à la dernière ligne !). Rien d'autre ne sera possible que de lire et de se laisser ensevelir par les mots de cet auteur de génie...

Une intrigue "aux petits oignons"...

Suivre les (més)aventures de Christian est un véritable plaisir mélé à une torture de chaque instant. Sa femme, Djeen, a été tuée par un psychopathe et, quand elle réapparaît (ou pas) sur une vidéo d'une agression dont il est victime, tout devient cauchemardesque ! Pour Christian et, par ricochet, pour le lecteur ! 

Un véritable mano à mano va se mettre peu à peu en place entre lui et le tueur de sa femme... mais pas que... Et si Djeen était encore en vie ?

Dans cette intrigue diaboliquement bien menée, les rebondissements vont se succéder à une vitesse vertigineuse (comme j'aime !). Ce roman file à la vitesse de l'éclair !

Tout ce que j'aime... 

Rythme effréné. Intrigue parfaite et très bien menée. Personnage central fort et extrêmement bien travaillé par une plume acérée. Tout ce que j'affectionne au plus haut point est présent dans "Le jour du chien".

Et, en prime, il y a le petit plus ! Ce plus qui fait toute la différence entre un bon thriller et ce thriller en particulier: la patte Bauwen ! Cet auteur sait mettre de véritables ambiances anxiogènes dans ses romans en mêlant suspense et tension dans un parfait dosage. Une fois de plus il m'a manipulée et littéralement bluffée. Tout au long de ces pages j'étais une petite marionnette dans les mains d'un parfait marionnettiste. Que du bonheur donc !

Une descente en profondeur...

Non content d'entraîner ses lecteurs dans les bas-fonds de Paris, Patrick Bauwen nous entraîne également dans les profondeurs de l'âme humaine, dans ce qu'il y a de plus noir et de plus obscure chez l'Homme.  Il nous livre une histoire savamment pensée, diaboliquement géniale !

Démêler le vrai du faux (enfin essayer, car il serait présomptueux de penser y arriver...), savoir à quel moment (et à quel point) vous vous faites manipuler, tenter de deviner la fin avant... la fin (et penser maintes fois y être parvenu ! Mais là aussi il serait présomptueux d'y croire !), tout ceci deviendra vos seules préoccupations durant cette lecture ! Préoccupations qui tourneront vite à l'obsession ! Je vous garantis une lecture passionnante ! Du grand art !!!





Éditeur: Albin Michel (mars 2017)
432 pages 
21€50

4ème de couv'

Les ténèbres sont mon domaine. Le métro, ma cité des morts. La souffrance de mes victimes, mon plaisir. Je suis le Chien. Inquisiteur ou Guerrier Saint, comme vous voudrez. Dieu est avec moi. Djeen, je croyais l'avoir tuée. C'était il y a trois ans. Déchiquetée par les roues du métro. Et voilà qu'elle me menace... Je dois la retrouver avant que Kovak ne le fasse. Et ce jour-là signera l'apogée du mal. Sur les traces d'un tueur psychopathe, dans un Paris souterrain plus hallucinant que l'Enfer, le nouveau thriller de Patrick Bauwen, un des maîtres du genre depuis L'Œil de Caine.

jeudi 16 mars 2017

"Du feu de l'enfer" Sire Cédric (Presses le la Cité)





Soyons clair dès le départ: avec un titre pareil ne vous attendez pas à une balade de santé au paradis (encore que... mais pas le paradis avec les petits anges et tout le toutim ! On parle bien de Sire Cédric hein !). Ici c'est juste un aller simple vers l'enfer qui vous guette, mais quel pied !!!

Satanisme quand tu nous tiens...

Prêts à tomber tête la première dans les griffes d'une secte satanique et d'y prendre goût ? Alors attachez votre ceinture parce que suivre Manon et son frère Ariel dans cette aventure ça décoiffe sévère ! Ça secoue plus fort qu'un ouragan ! Ça bouscule tout sur son passage, comme du grand Sire Cédric (normal en soit vu que C'EST du grand Sire Cédric !). Bref, on en prend plein la tronche et c'est un bonheur de chaque instant, un plaisir incommensurable !

L'intrigue est si bien menée, l'action si bien amenée, que mon petit coeur de lectrice a loupé plus d'un battement ! J'ai même frôlé la crise cardiaque tant la tension est palpable et le suspense porté à son paroxysme ! Mais je n'en veux absolument pas à l'auteur étant donné que j'adore le côté flippant qu'il insére dans chacun de ses livres. Ces instants de panique je les attends, je les réclame, et quand je les ai je suis la plus heureuse du monde !

Du très grand Sire Cédric...

Bien entendu je ne suis absolument pas surprise d'être entrée si facilement dans ce roman. Rien que le nom porté sur la couverture est devenu pour moi un gage de qualité depuis longtemps ! Cependant j'avoue que je me suis fait surprendre comme une bleue par l'intensité de ce nouvel opus (encore différent des précédents). Je m'attendais à du très bon et je suis tombée sur l'excellence ! Un récit si profond et jubilatoire qu'il m'a atteinte au plus profond de mes tripes.

Une petite mise en bouche ?

Meurtres sadiques. Course poursuite au rythme infernal. Mort possible à chaque tournant. Secte d'une dangerosité extrême... Ça vous suffit comme arguments pour foncer ? En tout cas vous avez là tous les ingrédients de ce qui ressemble à s'y méprendre à l'un des meilleurs thrillers de l'année !

Ajoutez à cela la plume magistrale de Sire Cédric et sa touche personnelle désormais classique: tension extrême, personnages forts, intrigue diaboliquement bien ficelée, rebondissements incessants et vous obtenez la recette de la quasi perfection ! Saupoudrez le tout d'une touche (puissante hein la touche) de satanisme et le tour est joué. Vous êtes pris au piège et vous ne lâcherez plus ce roman ! Si j'osais je vous dirais que ce livre est carrément jouissif ! D'ailleurs j'ose et je le dis: ce livre EST carrément jouissif ! Un "vrai grand truc de malade" comme j'aime tant en lire ! D'autant que non content de nous offrir un livre magistral il le fait entièrement, avec la fin qui va bien je veux dire, celle qui vous scotche littéralement ! Souvent les fins me déçoivent un peu quand j'ai été prise à la gorge durant plus de 500 pages (trop rapides, pas crédibles etc...). Ici la fin est largement à la hauteur, elle est explosive, dévastatrice, percutante, fabuleuse !

Du tout bon sur toute la ligne ! Juste énorme ! Je vous garantis le grand frisson et une intensité rare ! Pour moi ce livre est un véritable chef-d'œuvre !





Éditeur: Presses de la cité (mars 2017)
560 pages
21€50

4ème de couv'

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal 

et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera 
les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang. 

Sire Cedric revient en chef d'orchestre du suspense et des frissons, avec un nouveau 
concerto qui fait la part belle au souffle du vent dans la nuit noire et aux gémissements des corps torturés. Subtil et maîtrisé, ce conte d'horreur moderne allie à la justesse d'une réflexion sur les relations familiales les retournements de situation les plus ébouriffants.

mardi 14 mars 2017

"Mör" Johana Gustawsson (Bragelonne)



Certains auteurs vous enchantent dès leur premier roman, ce fut le cas avec Johana Gustwsson et son très bon "Block 46". Avec "Mör" elle nous offre un excellent second volet des aventures d' Emily et Alexis (encore meilleur que le premier !). Mission accomplie: je suis définitivement sous le charme de cette auteure et de ses personnages !

Un roman à deux niveaux...

Jongler avec deux époques, les mener de front et arriver à maintenir un équilibre entre les deux n'est pas choses aisée. Qu'à cela ne tienne ! Johana tente le coup (une fois de plus) et réussit (une fois de plus) ! Non contente de jouer sur deux époques, elle ne choisit pas la solution de facilité: elle met dans l'équation une période de l'histoire difficile à traiter (et déjà abordée maintes fois): l'époque victorienne de Jack l'Eventreur... 

Eh bien croyez-moi, il faut un sacré talent pour sortir du lot avec un point de départ comme celui-ci. Se démarquer et ne jamais tomber dans la redondance, voilà le pari fou de Johana, un pari qu'elle a relevé avec brio ! Son intrigue est si bien menée qu'elle ne laisse la place à aucun temps mort et, malgré la complexité due aux différents lieux et différentes époques, jamais Johana ne nous jamais ! Sans compter que ses personnages, plus aboutis que jamais, ne peuvent vous laisser indifférents.

Une montée en puissance progressive...

L'auteure (je devrais peut-être dire l'artiste...) met en place ses pions (je devrais peut-être parler de balles...) et c'est parti messieurs dames pour un fabuleux numéro de jonglage ! En piste ! Ça va commencer ! Et ça va swinguer !

Pourquoi je parle de jonglage au lieu de parler de roman ? Parce que non seulement on s'offre un voyage dans le temps entre 1888 et aujourd'hui, mais également un voyage entre l'Angleterre et la Suède. Accrochez-vous, la balade va être costaud (promis c'est du très lourd) ! Mais n'ayez crainte, vous ne serez pas seuls dans ce voyage: Johana va vous guider de sa main désormais experte, et avec une plume magnifique qui plus est ! Ses chapitres courts et percutants vous maintiendront en haleine tout au long de votre (aventure) lecture !

Tous les ingrédients que j'aime...

Vous aimez les meurtres (attention je parle de fiction évidemment !) ? Il y en a ! Vous les aimez bien sordides (toujours en fiction j'entends !) ? Ils le sont ! Vous aimez les enquêtes bien menées ? Ça tombe bien: elle l'est !  Vous aimez les montées en puissance progressives avec une tension présente d'un bout à l'autre du roman ? Eh bien vous allez être servis !

Johana Gustawsson n'a pas son pareil pour mener de front autant d'ingrédients d'un seul coup et ce en maintenant le cap sur un sujet unique (parce que oui, tout va se rejoindre et vous laisser sur votre séant !). Franchement je dis chapeau l'artiste car elle a su me mener en bateau sans la moindre fausse note (et je deviens exigeante avec l'âge !). Elle jongle (oui oui, je tiens à ce terme !) avec les lieux et les dates sans jamais perdre son lecteur et c'est une performance magnifique !

Un talent qui se confirme donc, une auteure à suivre de très près !!! Juste sublime !


Editeur: Bragelonne (15 mars 2017)
314 pages
21€50

4ème de couv'

On retrouve, en Suède, un cadavre de femme amputé de plusieurs kilos de chair. Au même moment, à Londres, Emily Roy enquête sur une disparition inquiétante : une actrice célèbre a été enlevée, et ses chaussures abandonnées à proximité de son domicile, dans un sac plastique, avec une paire de chaussettes soigneusement pliées dedans.
Ces deux crimes portent la signature du serial killer qui a tué l’ancien compagnon d’Alexis Castells au moment de son arrestation : Richard Hemfield. Hemfield est enfermé à vie à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor, pour le meurtre de six femmes, retrouvées, en l’espace de deux ans, assassinées et amputées de leurs seins, de leurs fesses, de leurs cuisses et de leurs hanches...
Le problème, c’est que Richard Hemfield est en prison depuis dix ans. Comment expliquer que ses crimes recommencent ?
Le nouveau roman de Johana Gustawsson plonge cette fois encore ses racines dans l’histoire : au cœur du Londres du XIXe siècle, dans les ruelles sillonnées par Jack L’Éventreur.

lundi 20 février 2017

"Elijah" Noël Boudou (Flamant Noir)



Un livre qui vous prend aux tripes. Vous secoue. Souvent. Vous malmène. Parfois. Vous chamboule. Toujours ! Un livre rythmé qui ne vous laissera aucun répit !

Un roman violent ? Incontestablement ! Un roman tendre ? Quand on fouille un peu sous la carapace... indubitablement ! Un roman d'une violence paradoxalement... tendre et remplie d'amour !

De la violence à l'amour... il n'y a qu'un pas !

Violence. C'est le premier mot qui vous saute à la gorge dès le départ. Cette violence elle vous frappe en pleine tronche, mais également en plein cœur, et c'est ce qui rend ce livre extrêmement intéressant. Prenant. Troublant.

De la violence gratuite j'en ai lu, enfin j'ai essayé d'en lire mais je n'ai pas réussi à aller au bout ! Le truc super commercial (parce qu'il ne faut pas se leurrer, la violence ça fait vendre...) je ne le supporte pas ! Ici rien de tel. Rien n'est gratuit. Rien n'est "vendeur". Par contre tout est sincère. Tout sort du cœur. Et ça j'aime ! Cette violence, pourtant présente en permanence (du début jusqu'à la fin, enfin presque jusqu'à la fin) c'est bizarrement un appel (un cri même), un cri donc à l'Amour. L'Amour avec un grand A. 

C'est avec une plume poétique (même si elle semble taillée au scalpel), que Noël Boudou écrit, décrit, une violence extrême. Mais il le fait avec un message bien clair: aimez parce qu'il n'y a que ça de vrai, de beau, d'éternel... Les phrases sont courtes, incisives, les mots sont forts, ils vous percutent et vous font presque mal, et au final vous ressentirez la souffrance au plus profond de vous même. Puis vous passerez outre et là le vrai message, la vraie raison de ce livre, vous apparaîtra comme une évidence: que ne ferait-on pas pour la personne que l'on aime plus que tout au monde, plus que sa propre vie ?


Le Mal pour le Bien...

La façon qu'a Noël de parler d'amour c'est de parler d'horreur. De parler de ce qu'il y a de plus sombre, de plus noir, de plus abjecte chez l'homme: la violence contre les femmes, contre les enfants, contre ces êtres finalement que chaque homme devrait protéger (eh non je ne suis pas une féministe invétérée !) .

Penser maths en lisant un roman peut paraître un peu hors sujet et pourtant j'ai vu là une "démonstration par l'absurde". Un raisonnement qui consisterait à démontrer le Bien en prouvant l'absurdité du Mal. En s'en servant comme d'une arme incontournable pour prouver que, derrière tout être écorché, on peut trouver la plus belle âme qui soit... C'est avec un style bien à lui, un style qui m'a chamboulée, que l'auteur fait cette démonstration avec brio !


Un livre très fort...

Le roman noir n'est pas ma came de prédilection et pourtant là je viens de prendre une claque, une leçon de vie même ! Du thriller il y a quand même quelques meurtres bien croustillants, du roman noir il y a tout le reste ! J'ai pris un plaisir énorme à suivre "le frère d'Elijah" dans sa soif de justice. De vengeance. Parce que, ne nous leurrons pas, il s'agit également de vengeance ! 

Je ne vous ai pas parlé de l'histoire car c'est inutile (la 4ème de couv' le fait bien mieux que je ne le ferais), mais sachez que quand on part du jour où "le frère d'Elijah" tue son père (violent au plus haut point), que ce jour est le jour fatidique de la mort de sa mère, mais aussi le jour béni de la naissance de son frère... Si on part de ce jour on sait d'avance que l'on va aller loin, très loin ! Loin dans la violence de ce fils de monstre, loin dans l'amour de ce jeune homme qui n'a qu'Elijah dans sa vie... Elijah, ce garçon si attachant de par son handicap irréversible...

Certains passages sont durs, très durs. Dérangeants, très dérangeants. Mais au final ce n'est pas ce que j'ai retenu (j'ai plutôt retenu une larme pour être parfaitement honnête !). Ce que j'ai retenu c'est cette ode à l'amour qu'est cet OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Un livre comme je n'en ai jamais lu et comme j'espère ne plus jamais en lire finalement, car il serait dommage qu'il ne reste pas UNIQUE. Unique dans la violence mais également unique dans la tendresse... Et surtout unique dans la façon dont il a été traité. Chapeau mec, tu m'a bluffée !

A lire parce qu'il le vaut VRAIMENT !


Éditeur: Flamant Noir (à paraître le 27 février 2017)
Broché: 19€50
Pour pré-commander c'est par ici : http://www.editions-flamant-noir.com/
Numérique: 6€99



4ème de couv'

ELIJAH. C'est le prénom de mon petit frère. Celui que je lui ai choisi quand on me l'a mis dans les bras. Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l'en empêche. Jusqu'à ce fameux soir... Quand j'ai eu dix-huit ans. J'ai attendu qu'il soit ivre à nouveau et je l'ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres : ELIJAH . Aujourd'hui, il a dix ans et il est handicapé. Je m'occupe de lui depuis sa naissance, je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble on est plus forts que tout, rien ne peut nous séparer. Mais un jour ILS sont venus chez moi pour le kidnapper. Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ? C'est depuis ce moment-là que j'ai perdu toute raison. Je suis devenu un monstre. Comme eux. La traque pour retrouver ELIJAH , qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé...

mercredi 15 février 2017

"Dompteur d'anges" Claire Favan (Robert Laffont - La Bête Noire)



Terminer un livre de Claire Favan a toujours été un réel déchirement pour moi: il faut attendre une longue année pour replonger dans ses pages... Eh bien, à la fermeture de ce roman, le déchirement est encore plus intense qu'avec les précédents ! Elle signe ici un bond en avant phénoménal !

Avec ses deux premiers romans ("le tueur intime" et et "Le tueur de l'ombre"), j'avais découvert une auteure sans pitié pour ses lecteurs (et ses personnages), une nana qui avait les couilles (désolée 😏) d'écrire comme un mec. Ses romans suivant semblaient s'assagir (un peu)... Le repos de la guerrière avant l'estocade magistrale ? Avec "Dompteurs d'anges", elle nous démontre une fois de plus qu'elle est une faiseuse de démons ! Et avec ce livre, vous pouvez me croire, l'estocade elle la porte !!! Elle est la reine de nos cauchemars et il semblerait qu'elle compte bien le rester ! Elle revient en force pour nous livrer son roman sans aucun doute le plus sombre et le plus abouti. Mais jusqu'où va aller son génie ?

Comment décrire ce livre ?

Il a une couverture (splendide !) et des "trucs" énormes qui se cachent derrière. Comment ça j'enfonce une porte ouverte ? Bon ok, on parle de Claire Favan donc ça doit effectivement être énorme, nul besoin de le préciser ! Mais pour parler de ce livre je suis clairement dans la panade car je ne veux pas trop en dire... J'ai plongé dans ce roman totalement à l'aveugle (sans avoir lu la 4ème de couv') et ce fut un réel bonheur d'avancer sans savoir où j'allais. Déflorer l'intrigue me paraît donc un peu dommage donc on va y aller en douceur ! Je vais m'en sortir avec une pirouette et ne vous parler que du début ! Charge à vous de découvrir la suite !

Parlons de Max. Un peu...

Gentil garçon au demeurant, Max est accusé (à tort) du viol et du meurtre d'un jeune garçon: procès, prison et tout le lot de "joyeusetés" qui sont réservées aux violeurs d'enfants l'attendent ! De quoi détruire clairement un homme innocent et fabriquer un monstre... L'escalade de l'horreur peut commencer ! En scène messieurs dames ça va swinguer ! 

La route de la vengeance est longue, très longue, et sinueuse à souhait ! Croyez moi l'auteure ne vous épargnera rien ! Elle va même user d'une façon novatrice pour construire son roman: se servir d'enfants comme aucun autre auteur, à ma connaissance, n'a osé le faire. Ces petits chérubins vont vous glacer le sang...

"Dompteur d'anges"...
Faiseur de démons...

Quand ce sont des enfants (êtres innocents s'il en est) qui deviennent la main armée d'un homme assoiffé de vengeance, je vous garantis que vous allez trembler de façon considérable ! Et ressortir de ce livre intact est totalement impossible car il est bouleversant ! Il chamboule tout sur son passage.

C'est à la frontière entre thriller et thriller psychologique que Claire Favan est au sommet de son art. Sa plume, dérangeante à souhait, est d'une efficacité redoutable. Je n'avais jamais vu un auteur de thriller oser "s'attaquer" à des enfants de cette façon là et c'est juste parfait ! Malsain parfois, gênant souvent, troublant en permanence, ce roman est une bombe lâchée dans vos mains. Et une bombe dans vos mains ça fait quoi ? Eh bien ça vous explose en pleine figure ! Ça vous éparpille en mille morceaux !

L'angoisse, la peur, la colère, l'indignation, vont remuer vos tripes à un point que vous n'imaginez même pas. L'espoir va naître... et disparaître. Vous allez passer par le stade de la tension palpable pour aboutir à une pression réelle dans cette intrigue menée de main de maître. Une réussite totale et absolue ! Un vrai coup de cœur !



Éditeur: Robert Laffont
Collection: La Bête Noire
432 pages
20€


4ème de couv'


On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur... 

Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout.

Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...